Introduction

Une Ville d’Images ou des Images dans la Rue

En 1991, la crise économique s’abat sur la ville, brusquement, comme un vol d’étourneaux sur la vigne. Dans les deux ans qui suivent, tout y passe. Les Ateliers de Construction Mécaniques vacillent sur leurs fondations, les fleurons de la technique industrielle, de la chaudronnerie, des turbines, de l’ingénierie spatiale sont vendus. Rinsoz-Ormond est repris par un concurrent et la production des «Gauloises» quitte Vevey pour Boncourt. On arrête la fabrication des Meccarillos au Clos. Les arts graphiques sont en difficulté. La bulle de l’immobilier éclate. C’est la grande déprime. On enregistre 1500 chômeurs, plus que lors de la grande crise des années 30. C’est la fin de l’industrie manufacturière et le début du numérique.

La population, composée en grande partie d’ouvriers et d’employés sans formation spécifique est fragilisée. La jeunesse déboussolée. La Municipalité doit panser les plaies et faire face à des problèmes sociaux aigus. C’est dans ce marasme, qu’émergent dans des lieux propices, des groupes d’artistes marginaux et toute une culture alternative. Au «Toit du Monde» à Saint-Antoine, aux «Temps Modernes» rue des Deux-Gares, à la Valsainte, au caveau Scanavin, au squat du Quai Maria-Belgia. C’est un foisonnement éclectique d’artistes et d’artisans. Les initiatives culturelles et communautaires de qualité fleurissent. La Municipalité les encourage dans la mesure de ses moyens. Elle leur ouvre les portes de l’Hôtel de Ville, ce qui n’est pas du goût de tout le monde. C’est aussi le tout début d’Internat. Une nouvelle forme d’expression graphique naît sur la toile. La Municipalité fonde Swissmedia, association pour la promotion des NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication). Elle achète l’ancienne fabrique de Meccarillos et y crée le «Swissmediacenter».

Les directeurs du Musée suisse de l’appareil photographique, Pascale Bonnard et Jean-Marc Yersin, du CEPV, qui abrite l’Ecole de Photographie, Michel Berney et du Théâtre, Philippe de Bros ont alors l’idée de rassembler leurs insti­tutions, le Musée Jenisch, le Cabinet Cantonal des Estampes et les nombreuses entreprises actives dans le multimédia et les nouvelles technologies digitales sous l’appellation de Vevey Ville d’Images. Dans la foulée, on crée l’Association pour les Arts Visuels Images, puis la Fondation Vevey Ville d’images. En 1995 est organisée la première édition de ce qui deviendra le Festival de l’Image. Son jury est présidé par Jean-Loup Sieff, ancien élève de l’école de photographie et par Charles-Henri Favrod. C’est le début d’une belle aventure qui marquera la ville.

Pour matérialiser ce bouillonnement dans la rue et prendre le public à témoin, le graphiste Peter Scholl, qui a mis son talent au service de Vevey, présente dès 1999 des Oeuvres d’artistes, de peintres, de photographes en format mondial, sur des supports publicitaires mis à disposition par la ville. Ce petit livre entend restituer ces expositions éphémères et remercier toutes celles et ceux qui ont contribué à faire vivre Vevey dans cette période difficile mais enrichissante et qui ont contribué à forger à cette ville une nouvelle identité économique et culturelle.

Yves Christen | Syndic de Vevey de 1989 à 2001
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